Mère au foyer, au secours ! 23

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En vacances, comptez sur les enfants pour faire de nouvelles connaissances. Ils ont le chic pour se nouer d’amitié facilement et donc vous êtes forcément amenée à rencontrer d’autres familles. Après quelques banalités échangées sur la plage, vous vous retrouvez invitée à un apéro dînatoire. Oui, on ne dîne plus, mais on s’éternise autour d’un apéritif et, vous qui détestez l’alcool, cela ne vous enchante guère. Vous préférez de loin les bons repas familiaux aux cacahouètes et autres sushis à la mode. Mais, c’est plus chic, paraît-il !

Vous voilà donc, l’homme, les enfants et vous-même, installés dans de grands fauteuils en tissu blanc (soit dit en pensant très jolis mais vous n’oseriez pour rien au monde vous en servir au foyer avec les petites mains des enfants), sur la terrasse de vos nouveaux « amis ». La soirée débute dans la bonne humeur. On échange des banalités sur la vie en général. Vous parvenez à vous détendre enfin. Quand, sans crier garde, la conversation glisse sur le terrain du travail. Décidément, c'est une obsession. Pendant que les hommes parlent barbecue, votre hôtesse vante les mérites de son job. Madame, responsable de communication chez Machin-Truc, se lance dans de grandes tirades sur son activité. Vous opinez de la tête pour faire semblant d’être intéressée (même si vous ne comprenez rien, votre mère vous a bien élevée). Vous trouvez son monologue ennuyeux et vous êtes tellement épuisée que vous êtes sur le point de vous endormir…Au moment où vous rêviez des bras de Morphée, elle vous demande votre profession. Et c’est reparti pour un tour ! Vous lui dites laconiquement que vous travaillez au ministère. Elle vous regarde avec des yeux admiratifs. Curieuse, elle vous demande dans quel ministère vous travaillez et quelle fonction vous occupez. Elle comprend enfin que votre fameux ministère est la maison et que votre occupation tourne autour de la tribu. Et là, après avoir failli s’étrangler avec son sushi, votre nouvelle « amie » vous regarde avec dégoût comme si vous étiez une pestiférée.

Du coup, malgré la tiédeur du soir, l'ambiance devient glaciale. Vous ressentez subitement l’affront de la part d’une working girl de pacotille qui n’a aucune notion de la vraie vie.

Vous vous penchez vers l’homme, qui lui est toujours en grande conversation et vous lui dites que vous souhaitez rentrer. Il vous regarde d’un air de dire qu’il est bien avec son acolyte. Vous insistez en lui disant que demain vous avez un gros chantier à préparer.

Six paires d’yeux se tournent vers vous quand l’homme vous lance : « quel chantier ? »

« Les valises, mon chériiii ! Voyons, t’as oublié on rentre demain ! »

Pour une fois, l’idée de rentrer vous redonne des ailes. Tout le monde va retourner soit à l’école, soit au lycée, soit au bureau et vous allez pouvoir enfin vous reposer. Enfin, vous l’espérez...

Texte © Laura Mare

À suivre !

 

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