Année 2011, année cauchemardesque !

Pour démarrer mon site auteure, une petite mise au point s’impose :

Année 2011, année cauchemardesque !

L’année 2011 aurait dû ressembler au bonheur : le Salon du livre de Paris m’ouvrait ses portes pour la première fois en tant qu’éditrice grâce à Philippe Raimbaut de l’association « les mots migrateurs » (que je remercie encore au passage). La team Laura Mare  était composée d'auteurs formidables. Nous étions suivis par de nombreux lecteurs qui faisaient, lors de chaque salon, le déplacement des quatre coins de France. Les livres de mes auteurs se vendaient bien. À chaque salon, la magie s’installait et mes auteurs signaient énormément. Ils peuvent encore en témoigner…J’avais un gros projet personnel autour de la mucoviscidose pour l’automne, j’avais signé avec des auteurs jusqu’en 2015. Tout en apparence laissait penser que 2011 serait une année de réussite. Mais, ce ne fut pas le cas !

 

Ah ! J’avais pourtant trouvé un distributeur !!!! Mais, il me payait à 90 jours ce qui ne me laissait plus aucun fond de roulement. Des libraires qui commandaient et achetaient les livres et qui me les renvoyaient un an après afin de se faire rembourser. Du jamais vu  !!!

(Imaginez-vous un instant acheter une paire de chaussures et la ramener un an après ? Comment seriez-vous reçu ?) Eh bien ! Voyez-vous, les libraires vous renvoient les livres, souvent abimés et vous demandent de les rembourser, ou négociaient un pourcentage comme des marchands de tapis. Certains recevaient leur facture et la modifiaient à leur guise, normal ! Eh oui ! Dans le monde éditorial, les libraires font ce qu’ils veulent. Combien de fois me suis-je mise en colère en leur disant que mes auteurs n’étaient pas des paquets de lessive ? Combien de fois leur ai-je demandé s’ils avaient au moins ouvert un de leurs livres ? Les réponses étaient toujours les mêmes : « on n’a pas que ça à faire ! » Comment avancer quand tout vous fait reculer ? Tout est ficelé d’avance. Les dés sont pipés !

Des coups bas de part et d’autre, des insultes, des rumeurs, etc. C’est gratuit derrière un écran, pourquoi s’en priver ! (Je suis très conservatrice et garde tous mes petits trésors sur une clé USB)

Mon fils déscolarisé pour raison de santé depuis plus d’un an et papa qui était malade.

Comment faire face à tout ? Il est toujours difficile de choisir entre le précipice et le ravin. À grand regret, j’ai dû renoncer à ma maison d'édition, à mes auteurs, après trois années à bâtir jour après jour, un réseau avec une équipe exceptionnelle. En septembre, rien n’allait plus ! Le coup de grâce fut porté le 30 novembre : le matin, j’enterrai papa, l’après-midi, j’enterrai la maison d’édition. Anéantie, on m’attribuait un liquidateur comme si je n’étais qu’un vulgaire numéro. Tout était fini en une journée, seulement ! Tout était redevenu poussière ! Tout s’écroulait ! Le comble de l’humiliation fut de céder les livres à 50 centimes d’euros. Moi qui avais travaillé jours et nuits durant trois ans, qui avais investi plus que de raison aussi bien mon temps et mon argent, je voyais l'accomplissement de mon travail réduit au néant, comme si tout ceci n’avait eu aucune valeur, comme si rien n’avait existé. Du jour au lendemain, des coups de poignard arrivaient, des courriers chez le liquidateur qui me donnaient la nausée. L’être humain était si mauvais que ça ? Je n’osais y croire ! Oh ! Je suis pourtant loin d’être naïve, mais certains avaient la mémoire courte. C’est dans les coups durs qu’on découvre la vraie nature de ceux qui vous entourent ; les bons ou les mauvais, les véritables amis et les autres...

Aujourd’hui, trois ans, jour pour jour, je reviens. Droguée des mots, je continue d’écrire. Et peu importe les quand dira-t-on. Je me suis relevée et je me sens plus forte. Ne suis-je pas revenue vivante d’Algérie, en 1987 ? À mes fidèles amis qui se reconnaîtront, à ceux qui m’ont blessée et qui m’ont rendue plus forte !

Et je reprendrai ma citation que beaucoup ont utilisé en leur nom : La vie n’est faite que de rencontres, mais jamais de hasard.  Laura Mare (2004)

Laura Mare

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