Mon été 1987, " Mardi 26 août, La galère continue"

Mardi 26 août            

LA GALÈRE CONTINUE

J’ai repris mes petites habitudes. J’ai également récupéré ma voiture et mon droit de circuler en femme libre. Aujourd’hui, j’accompagne Abdel effectuer les démarches administratives pour ses papiers. Il vit désormais chez sa mère, que je vais embrasser, et nous allons à l’A.N.P.E. l’inscrire pour trouver un emploi. Quel accueil ! La dame au guichet est désagréable au possible lorsqu’il lui donne son nom de famille. Encore ce racisme. Mais cette fois, ce n’est pas contre moi, mais contre lui…

Nous sommes complètement anéantis. Nous sommes incompris dans n’importe quel pays.

Il faut savoir que ces jeunes Français d’origine magrébine sont malheureux. Je comprends maintenant, après avoir séjourné en Algérie, que leur vie et surtout leur quotidien sont difficiles. Ici et là-bas, ils sont traités à Alger de  sales Français et ici de sales Arabes. Ils sont devenus apatrides par la force des choses. Qui leur laisse la chance de se réaliser ? Étant donné la réaction de la conseillère de l’A.N.P.E., on comprend qu’ils deviennent agressifs. Personne ne leur donne la possibilité de faire leurs preuves. On les enferme dans des cités ghettos. Je plaide pour eux. Désormais je connais le racisme et l’intolérance. Je sais de quoi je parle.

Là encore, notre quotidien devient impossible : sa mère me reproche de l’avoir fait rentrer en France ; mon père me harcèle pour que je le quitte ; je n’ai plus de travail, plus d’argent. Abdel non plus ; et je dois rembourser mes parents. Abdel a tout perdu par ma faute. Il doit se reconstruire, ici, en France.

Je me demande sans arrêt comment trouver une solution le plus rapidement possible.  

Texte@Laura Mare

A suivre !

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