Mère au foyer, au secours ! 14

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Comme je l’ai écrit au début de ce livre virtuel, la MAF est une pestiférée. Notre chère Société est trop occupée à déverser des titres à tout va. À bien y regarder, vous verrez qu’aujourd’hui dans les entreprises il y a plus de statuts de chefs que d’employés. C’est pourquoi elles ne peuvent pas fonctionner. Mais, la Société trop concentrée à « fabriquer » du faux ou à brasser de l’air n’analyse pas la situation. Si vous avez le malheur de dire que vous êtes ministre de l’intérieur, on vous tourne le dos. D’ailleurs, nous vivons aujourd’hui dans un monde où à entendre les gens, ils ont tous des postes à responsabilité. On ne dit plus : femme de ménage, mais technicienne de surface. On ne dit plus : caissière, mais hôtesse de caisse, etc. Oui, le titre est, semble-t-il, la chose P-R-I-M-O-R-D-I-A-L-E dans la vie. Que fais-tu dans la vie ? Je suis consultant !

Ah ! Consultant ? Et,… tu consultes quoi exactement ?

Finalement tout le monde peut se prétendre important, voire parfois indispensable. Mais le titre ne fait pas l’homme.

Combien de fois, au cours de votre vie, avez-vous rencontré des personnes trop bien habillées pour être vraies et sincères qui le soir venu étaient seules ? Combien de fois, avez-vous rencontré des personnes très mal habillées, mais riches en tout sens ?

Eh bien, voilà ! Encore une fois, vous l’avez vécu samedi dernier, lors d’une soirée.

Assise à côté d’une grande blonde qui se gausse toutes les deux minutes (ce n’est pas un cliché, c’est hélas du vécu) aux blagues idiotes qu’elle entend, soudain vous interpelle avec un grand sourire forcé et vous lance un « que faites-vous dans la vie ? » Vous lui répondez, en soufflant intérieurement, que vous êtes maman à plein temps. « QUOI, vous ne travaillez pas ? » vous hurle-t-elle dans les oreilles comme si vous aviez dit l'énormité du siècle.

En une fraction de seconde, elle vous tourne le dos et vous ignore toute la soirée. Une fois de plus, votre égo en prend un coup. Vous êtes chamboulée à l’intérieur, mais vous n’en laissez rien paraître. Quand vous étiez éditrice, vous aviez des centaines « d’amis » qui tentaient de vous amadouer pour obtenir une publication…Du jour au lendemain, vous êtes devenu le vilain petit canard parce que vous ne leur apportez plus rien. Oui, les opportunistes ne sont pas des amis, mais des sangsues. Pourtant vous êtes la même personne. Bref ! Vous avez désormais l’habitude d’être reléguée au plan de secours.

La soirée se déroule trop longuement à votre goût. Vous écoutez d’une oreille distraite les conversations tout en savourant les mets préparés avec soin par vos hôtes. Puis, subitement, votre chère voisine de table qui vous a jugé sans vous connaître jette un froid dans l’assemblée. Elle lance de sa voix haut perchée, un « hum ! C’est tellement immonde que j’en reprendrais bien volontiers ! » Vous lâchez votre fourchette et vous éclatez d’un rire frais et sincère. Votre spontanéité est communicative et toute la tablée à part Madameeee, en fait autant. Du coup, c’est elle qui se sent mal à l’aise et qui ne comprend pas sa boulette. Vous lui fermez son clapet en lui expliquant le sens de l’adjectif immonde.

Eh oui ! Rien ne sert de faire des manières, il faut savoir être à la hauteur de son apparence.

En tout cas, une fois n’est pas coutume, suite à ce petit incident, vous êtes la reine de la soirée et tout le monde vous pose des questions sur votre vie au ministère. Oui, beaucoup connaissent le monde du travail, mais celui de la maison leur est inconnu…Même si vous semblez avoir une existence d’extraterrestre, ils se rendent compte que votre C.V. ferait pâlir bon nombre de recruteurs.

Finalement, vous avez passé une bonne soirée. Et, vous vous dites que rien ne vaut le naturel…Oui, comme vous le savez, « chassez le naturel, il revient au galop ! »

Texte@ Laura Mare

À suivre !

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