Mère au foyer, au secours ! 16

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Votre premier petit déjeuner sur la Côte d'Azur ne se déroule pas, là aussi, comme prévu. Comme vous êtes matinale, vous avez l’intention de déguster votre café sur la terrasse face à la mer. Vous ne serez pas dérangée car le voyage les a tous épuisés. On le sait toutes, la voiture fatigue les enfants et surtout l’homme. Mais, comme vous, vous avez l’habitude d’être sur le pied de guerre pour gérer le ministère, l’aube vous appelle, seul moment, soit dit en pensant, où vous pouvez souffler !

Vous allez pouvoir enfin ouvrir le magazine qui était destiné à vous détendre en voiture. Néanmoins, c’est sans compter sur les urgences dont seuls les enfants ont le secret. Les yeux ensommeillés, le petit dernier est debout derrière vous ; ses joues sont rosies, ses yeux larmoyants, signes que vous connaissez par cœur. Ni une, ni deux, vous sortez la trousse à pharmacie (elle vous suit partout depuis que vous avez une tribu) et lui prenez la température. Le thermomètre s’emballe et vous annonce fièrement un 39°C. Vous l’avez compris, les vacances démarrent sur les chapeaux de roues. Vous téléphonez à SOS médecins. La standardiste vous promet de vous envoyer quelqu'un dans le quart d’heure. Cependant, vous savez que vous êtes dans le midi et là-bas, ils n’ont pas la même notion du temps ; un quart d’heure, pour eux, veut dire en général, une heure voire plus. Vous avez l’habitude depuis que vous avez mis au monde quatre enfants.

Vous installez votre loulou sur le canapé, lui donnez un doliprane et vous patientez avec lui.

Quand le médecin arrive enfin, votre dernier est remis sur pied et n’a plus de température. Normal, me direz-vous, le paracétamol a fait effet…Le praticien vous annonce qu’il n’y a rien à faire, à part surveiller la fièvre car c’est viral. Ahah ! À chaque fois, qu’ils ne trouvent pas, ils vous disent toujours que c’est viral. Cependant, il n’oublie pas au passage de vous prendre soixante euros pour ses honoraires de nuit et le déplacement. Vous le remerciez et vous retournez sur la terrasse prendre enfin votre café. Ce dernier est froid et cela vous met de mauvaise humeur. Vous cherchez votre fameux magazine qui vous suit depuis hier et vous ne le trouvez plus.

Votre fiston (qui va beaucoup mieux) vous appelle pour vous montrer les beaux avions en papier qu’il vient de fabriquer. Quand vous découvrez que votre malade imaginaire les a faits avec votre magazine, vous pestez intérieurement. En apparence, vous semblez toujours calme, « c’est bien, mon chéri ! » dites-vous, sans en penser une miette. Mais comme le disait Dolto, il faut toujours encourager leur créativité. Vous essayez de regarder le côté positif en pensant que ce magazine ne devait pas être très intéressant.

L’homme arrive enfin, les cheveux hirsutes, et la mine reposée. Il vous regarde et lance, guilleret comme un pinson : « Ne me dérangez pas pendant que je bois mon café, je suis en vacances, mes chéris ! »

Texte© Laura Mare

À suivre !

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