Mère au foyer, au secours ! 19

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Après un déjeuner ultra-équilibré, composé de chips bien grasses et quelques tranches de charcuterie avec du pain (c’est vos hanches qui vont vous dire merci), vous décidez de faire une pause. Les enfants sont au frais et jouent ensemble sans se disputer. La matinée a été éreintante entre SOS médecins que vous avez dû appeler, les sacro-saintes courses et le barbecue qui est tombé à l’eau (c’est le cas de le dire). Installée sur une chaise longue sur la terrasse, vous demandez à l’homme de vous préparer un café. Il acquiesce sans rechigner. Ce serait la moindre des choses. Vous lui avez tout de même sauvé la face, que dis-je, la vie devant les enfants lors de son incendie involontaire, je vous l’accorde. En attendant de délecter le breuvage qui va vous redonner de l’énergie, vous fermez les yeux. Vous avez lu, il y a quelque temps, un article sur les bienfaits de la relaxation en apprenant à maitriser votre respiration. Et avec votre tribu, ce n’est pas du luxe. Vous commencez à vous apaiser lorsque vous entendez : « Chérieeee, où est la cafetière ? » Vous êtes au milieu d'une « séance » et vous ne pouvez pas répondre. Mais, c’est sans compter sur la capacité de l’homme à ne rien trouver dans une cuisine, même si celle-ci est minuscule. « Chérieee, je t’ai appelée !!! » Vous tentez de résister désespérément à l’appel de votre moitié en respirant avec le ventre.

Cependant, il n’a pas compris que vous étiez en train de vous ressourcer. Il accourt, ahuri, le café dans une main, un filtre dans l’autre. « CHÉRIEEEE, tu pourrais répondre quand je t’appelle !!! »

Vous feignez de dormir, quoi que vous n’avez plus envie ni de vous relaxer, ni de café. Vous avez plutôt envie de retourner seize ans en arrière afin de ne l’avoir jamais croisé. Comme il insiste grossièrement, vous ouvrez les yeux, vous vous levez sans un mot et filez dans la cuisine. Il vous suit au cas où vous vous envoleriez. Vous lui désignez la cafetière qui se trouve sous son nez !

Penaud, il prépare enfin le café et le silence s’installe enfin. Vous retournez sur votre chaise longue, mais votre esprit n’est plus à la relaxation. Quand l’homme apporte votre tasse fumante, il s’assoit en face de vous, regarde les dégâts causés par l’incendie et vous lance d’un air joyeux, comme si de rien n’était :

« avant d’aller à la plage, je vais aller acheter un barbecue. Des vacances sans grillades ce ne sont plus des vacances. »

Vraiment, la leçon ne lui a pas servi. Au secours, il va récidiver !

Texte© Laura Mare

À suivre !

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