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Mercredi 21 août       

EN FRANCE

Tellement perdue dans mes pensées, je n’ai pas senti que nous atterrissons. Nous sommes à Marignane. Je suis en France. Pays des libertés. Je suis profondément triste et amère d’avoir laissé Abdel en enfer. Mais soulagée de fouler le sol français. J’ai passé la douane sans encombre malgré mes dettes ; j'apprendrai bientôt que mes parents et la mère d’Abdel ont tout réglé. Dans la foule, j’aperçois mes parents qui me font de grands signes. Je lis, sur leur visage, toute la joie et le bonheur de me retrouver. En larmes, ma mère me prend dans ses bras à m’étouffer. Elle me trouve sale et fatiguée. Mon père, même s’il est heureux de me revoir, se préoccupe seulement de mes bagages qu’il attend. C’est sa façon à lui de contrôler ses sentiments. Je les trouve vieillis. L’inquiétude les a marqués. Je culpabilise en silence. Les bagages sortent du tapis roulant et nous pouvons enfin partir. À peine sommes-nous montés dans la voiture que papa me sermonne. Mais je n’entends rien. À travers la vitre, je regarde le paysage défilé, si différent de celui que je viens de quitter. J’ai grandi, je n’ai plus peur et surtout je suis vivante. Mes pensées sont à Alger, près d’Abdel qui lutte contre son père. Que fait-il ? Où dort-il ? Mes premières paroles vont être pour lui. Je plaide sa cause. Je souhaite qu’il rentre en France. J’ai besoin de le sentir en sécurité.

Après avoir roulé pendant cinq heures, nous sommes devant la maison. Mon chez-moi. Malgré l’heure tardive, je prends une douche chaude. Que c’est agréable de sentir l’eau couler sur mon corps meurtri...Avec toute sa tendresse, maman me prépare une assiette de steak frites que je savoure. Je pleure, d’épuisement d’abord, et aussi parce que j'ai devant moi les plaisirs simples de la vie qui n’existe pas partout.

Je monte me coucher. Cette nuit, je n’aurai que le silence pour ami, plus de haut-parleurs. Mais des cauchemars qui naissent. Je me bats contre des fantômes qui, même invisibles, ont bien existé.

Texte@Laura Mare

A suivre !

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Mercredi 21 août                              

LE DÈPART

Le matin se lève trop tôt à mon goût. Sans déjeuner, sans nous laver, nous remercions notre hôte. Nous partons, toujours en bus, pour l’aéroport, comme une scène déjà vécue. Nous ne parlons qu’à demi-mot tant nous sommes épuisés. Je sais par Abdel que mes parents seront à Marignane pour m’accueillir. Faire cinq cents kilomètres pour venir me chercher et m’accepter de nouveau. Une belle preuve d’amour. Je ne mérite pas tant d’amour. Trop faible pour discuter, je reste silencieuse. Mon visa n’expire que dans vingt-quatre jours. Il me reste du temps, mais dans ces conditions cauchemardesques, je me plie au désir d’Abdel sans rechigner. Sans moi, cela sera plus facile pour lui. Enfin, je l’espère.  

Nous nous retrouvons à l’aéroport. L’ambiance qui y règne est la même qu’à mon arrivée, mais elle ne me trouble plus. Je suis habituée à leur manière d’être.

Mon vol est dans une heure. À l’intérieur, assis sur des marches, nous mangeons un sandwich. Manger est le dernier de mes soucis. J’ai du mal à l’avaler tellement je suis mal.

Abdel, négocie mon départ avec le douanier, c’est une habitude ici, malgré mon billet retour. Et puis, c’est l’heure des adieux. Moment de déchirement. Je lui demande de prendre soin de lui. De rentrer en France. Dernières larmes, dernières promesses. Il me promet que l’on se reverra. L’espoir me fait encore y croire. Je laisse Abdel dans le hall, et je passe en douane. Cette fois-ci on ne me fouille pas. Bizarre ! Je me retrouve du côté de l’embarquement. Mes bagages sont enregistrés et je sais que c’est la fin du voyage. Avant de monter dans l’avion, je le regarde une dernière fois. Je n’oublierai jamais son regard. Nous étions tous les deux fatigués, navrés et sales…

Je monte dans l’avion et je m’envole. Derrière le hublot, je vois Alger disparaître. Je laisse la misère et surtout, c’est ce qui me fait le plus souffrir, je laisse Abdel qui doit survivre. Mais je rapporte avec moi un secret lourd à porter. Le reverrais-je ? IN’CH ALLAH.

Texte@Laura Mare

A suivre !

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Mardi 20 août (suite)

DERNIÈRE NUIT EN ALGÉRIE

Abdel, arrive enfin. Je ne le vois pas tout de suite car je pensais le voir surgir en voiture. Mais il n’en est rien. Où a-t-il laissé la voiture ? Il est là, devant moi, à pied et blessé. Je suis presque sûre qu’il s’est accroché avec son père. Par pudeur et par honte, je ne lui pose aucune question… Je m’inquiète et je m’en veux que notre histoire tourne au cauchemar. À ce moment, je réalise que je lui ai fait plus de mal que de bien. Je pensais que l’amour n’avait pas de frontières, que les sentiments étaient plus forts que la différence. Je me suis trompée. Nous prenons un car, mon premier trajet ainsi, sans connaître la destination. Je ne sais pas où nous allons et j’ai trop souffert pour m’en préoccuper. L’important est que je suis avec lui. À présent, je ne risque plus rien car il me protège. Pendant le trajet, il m’explique qu’il a appelé mes parents et que mon retour en France est prévu pour demain. Je suis éreintée, salie par ce viol, mais ma douleur est tout autre… Je n’ai pas envie de le laisser dans cette misère.

Nous descendons du bus. Devant une casbah, je vois Abdel discuter avec un homme qu’apparemment il connaît. Je n’arrive pas à lui donner un âge car son visage est durci par la vie difficile qu’il a sans doute menée. Il accepte de nous recevoir sans nous juger. Sa tolérance vient du fait qu’il a vécu longtemps en France. Un homme intelligent qui, tel un caméléon, change de comportement en fonction de l’environnement qu’il côtoie. Le contraste est impressionnant entre son comportement occidental avec nous et très africain avec ses épouses. Cela me donne des frissons. Il nous accueille à bras ouverts et nous fait entrer. Nous passons devant une pièce, où j’aperçois, assises à même le sol, deux femmes voilées qui n’osent même pas nous regarder. Elles ont l’air très jeunes, mais il nous est interdit de les approcher. La pièce où elles se trouvent doit être la cuisine. Enfin, il me semble, car il n’y a pas de mobilier. Il est difficile de savoir à quoi correspondent les pièces, car elles sont rarement meublées. Ayant l’habitude de manger par terre, autour des plats, les Algériens n’ont pas besoin de superflu. J’ai eu la chance, dans la famille d’Abdel, d'avoir gardé ce rythme de vie à l’occidentale car ils ne manquaient de rien et étaient meublés correctement.  

L'homme nous emmène dans le salon. Je le pense car il y a un canapé, vétuste, mais un canapé. C’est là que nous allons dormir. Il est correct avec moi, mais distant… La discussion qu’il va avoir avec Abdel ne se fait pas devant moi. Je n’ai pas le droit d’y participer, car malgré sa gentillesse, je suis chez lui à Alger et je reste une femme.

À même le sol, je m’allonge pour essayer de me reposer. C’est impossible : j’entends de nouveau, comme au début de mon séjour ici, la voix de l’imam. Et je reproduis exactement la même chose qu’avant mon départ de France : je m’imprègne de tout en me disant que je ne reviendrai pas. C’est l’anniversaire de maman. Cette fois, j’aimerais téléphoner, mais il n’y a pas d’appareil.

Je passe la nuit entière à pleurer. Malgré la fatigue qui s’accroît, je n’ai pas sommeil. Je ne me souviens plus de mon dernier repas et cela m’est égal. Je ne pense plus à mon sort. Je me préoccupe seulement d’Abdel. Que va-t-il devenir ? Même si j’ai échoué, je suis vivante. J’ai grandi et je suis prête à accepter enfin l’engueulade de mon père.

Texte@Laura Mare

A suivre !

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Mardi 20 août

DERNIER ESPOIR

Abdel est venu me récupérer au complexe. J’ai passé deux nuits à Sidi-Féruj. C’est, comme une fugitive ou une terroriste, que je le suis, changeant de domicile régulièrement.

Avant de quitter la France, une amie algérienne m’a laissé son adresse de vacances, à Alger, dans le quartier populaire, Alger la Blanche. Il m’y emmène dans l’espoir qu’elle puisse m’héberger. Quel endroit terrible... J’ai vraiment très peur à nouveau. Des jeunes, seulement des garçons, rôdent autour des maisons cherchant de la « chair fraîche ». Ils me font penser à une meute de loups affamée. En chacun d’eux, je revois mes agresseurs. C’est les yeux ouverts, en direct, que je revis la scène filmée en détail, à tout jamais, dans ma mémoire. Dans un état second, j’écoute Abdel leur parler. Je n’ose pas les regarder. Il leur demande s’ils connaissent la maison de mon amie. Oh ! Que oui ! Ils l’attendent depuis des jours, sachant qu’elle vient tous les étés. Encore une putain française qui sert de nourriture à ces vautours… J’ai envie de vomir tellement je les hais.

Une fois l’adresse trouvée, nous rencontrons le grand-père. C’est Abdel, bien sûr, qui parlemente avec lui. Après cette discussion, nous repartons en direction d’Alger. Il ne veut pas me laisser là, dans cet endroit malfamé où je risque ma peau. Je suis soulagée et je l’en remercie. Si je pouvais exaucer un vœu sur-le-champ, ce serait celui de me transformer en homme immédiatement.

Nous reprenons donc le chemin pour la capitale. Nous écumons tous les hôtels… Mission impossible. Toutes les portes se ferment : je suis célibataire, seule et française. Et puis, il tente le tout pour le tout en m’emmenant à l’Ourasi, le plus bel hôtel d’Alger. Il est majestueux, digne des quartiers chics de Paris. Je ne le vois que de l’extérieur car, là encore, il rentre seul pour négocier.

Il ressort et à son regard je comprends qu’ils ont refusé de me donner une chambre. Il réfléchit et me demande de l’attendre devant l’Ourasi. Il me dit de ne pas bouger, qu’il revient. Abdel repart donc en voiture, en me laissant seule devant l’hôtel. Je suis trop épuisée pour me creuser la cervelle. Alors comme un automate, je m’assieds sur un mur. Mais, seule, j’ai peur. À chaque bruit de voiture, je me cache, en espérant que ce soit lui. Je ne sais pas exactement combien de temps je l’attends, mais mon angoisse grandit à mesure des heures qui s’écoulent...  

Texte@Laura Mare

A suivre !

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